Alliances politiques : le front anti-Aeschlimann implose en plein vol à Asnières
C’est acté. Le Grand Rassemblement des PS-Modem-Divers Droite qui avait fait basculer la ville à gauche en mars 2008 a vécu. Le problème, ce n’était pas l’alliance en soi, ce n’était pas le fait qu’à un moment donné les électeurs aient pu fonder des espoirs -à tort ou à raison- dans un changement d’équipe… L’alliance fait partie du jeu politique et de la donne démocratique.
C’était à prévoir…
Le problème, c’est d’abord l’extrême hétérogénéité de ces « alliés » que tout séparait, et que seule rapprochait la volonté de faire tomber Manuel Aeschlimann.
D’abord, ce n’est pas un programme pour une ville, « faire la peau à quelqu’un »… On ne construit l’action politique ni sur la haine, ni sur l’amertume, encore moins sur le mensonge.
Et c’est le 2ème point. Le mensonge. Leurs promesses hallucinantes, les unes plus belles que les autres : « un emploi pour chacun, un logement pour tous, plus de démocratie, une éco-ville… pas d’augmentation d’impôts et la réduction de la dette tout en investissant… »
Vous vous rappelez, comme moi.
Le 3ème point, c’est la gouvernance de Sébastien Pietrasanta. Aucune place à ses alliés, mis dans des placards, sans moyens, sans cabinet. Des décisions combinées dans le secret de son cabinet hyper hermétique et homogène (cette fois), comme on le sait. A gauche toute, la politique. Surtout, continuer à salir son prédécesseur, car il pourrait revenir… il a de la ressource, le Manuel, pas de répit.
Un style et une méthode qui n’ont pas convenu aux alliés qui venaient de la société civile, ceux qui n’ont pas été formés sur les bancs de sos racisme, la fidl, les potes, et toutes autres officines et groupuscules, ceux qui sont venus à la politique pour se rendre utiles, pour servir leur ville.
Ceux là, ils ne se sont pas retrouvés dans la politique du nouveau patron socialiste.
Chut.. dans les rangs
Songez que S. Pietrasanta avait promis de considérer ses alliés, de leur donner de la place, de respecter leurs électeurs, en mars 2008.
Que reste t-il de tout cela? Josiane Fischer, première adjointe qui n’a de premier que le qualificatif, et d’adjointe que le substantif. Elle ne cache ni son dépit, ni son ressentiment, ni sa volonté d’en découdre, à qui veut l’entendre…
Christian Leblond, qui se fait retirer sa délégation sans ménagement, à la première protestation, alors qu’il était censé garder sa liberté et son identité politique dans cette alliance byzantine. Christian Leblond a peut être voulu pouvoir se regarder dans un miroir…
Et sur le fond ?
Sur le fond des dossiers, les élus du Grand Rassemblement ont du se familiariser avec les discussions hallucinantes qui faisaient de la chasse à l’homme un programme, un objectif, une politique, bien loin de l’intérêt général.
Non pas que ces élus d’un nouveau genre aient oublié leurs griefs, ils avaient seulement envie de faire, pas de détruire. Pas de détricoter ce qui pouvait servir. Pas de tomber dans l’invective et la calomnie, la blogosphère anonyme et vile où se complaisent les pleutres.
Sur le fond, les élus d’un nouveau genre ont découvert le vide du programme, les budgets ficelés n’importe comment, les arbitrages interminables, les marchandages pitoyables, l’indécision, l’immobilisme… la ville qui recule et les services qui s’étiolent.
Ils ont aperçu, de loin en loin, la médiocrité qu’on leur offrait comme avenir, encore les mensonges dans un beau papier cadeau, mais là ils ont dit STOP.
Je voudrais saluer leur courage. Il a dû leur en coûter. Je peux le reconnaître sans gêne, même si nous n’avons pas toujours été d’accord. C’est une question d’honnêteté intellectuelle. Je pense qu’ils ont été trompés. Comme les Asniérois.
Tout le monde peut se tromper.
D’autres suivront, j’en suis certaine. Certains ont déjà même arrêté la date de leur Salut, au mois près.
S. Pietrasanta aura beau essayer de donner des gages; c’est vérolé. Surtout, il sait que le lest qu’il lâchera, il ne sera pas perdu pour tout le monde.
Qui manie l’épée…

