Tentative d’asphyxie du personnel communal

Plus de 600 agents communaux rassemblés sous les bannières de la CGT et la CFDT mercredi dernier

Des mois que l’équipe municipale jouait à « elle est là, elle est plus là » avec le personnel communal. Régulièrement, depuis mars 2008, des tentatives de remise en cause du statut et des avantages acquis par les communaux ont été menées par la mairie. Qu’il s’agisse de mesures catégorielles, comme ce fut le cas pour les conditions de travail de la police municipale, ou de mesures plus générales comme la remise en cause du protocole RTT de 2001, le régime indemnitaire ou la précarité, la mairie avait jusque là fini par reculer, devant la menace de grève.

« C’est pas moi, c’est la Chambre régionale des comptes » prétend Sébastien Pietrasanta

La Chambre régionale des comptes n’a jamais dit qu’il fallait stopper la politique sociale en faveur des petits salaires à la mairie, ni réduire leurs prestations sociales. C’est pourtant ce qui a été tenté. Elle n’a jamais écrit qu’il fallait embaucher des cadres A (venus de l’extérieur) et ignorer les possibilités de promotion et de formation qui auraient pu bénéficier aux agents en place, si des nouveaux besoins avaient été identifiés.

En page 3 du rapport de la CRC, paru à l’automne 2007, on peut retrouver le propos relatif à la gestion des ressources humaines :

« La répartition des effectifs par filière est comparable à celle de la moyenne nationale et régionale des communes de même strate à quelques différences près.On observe cependant un faible encadrement (2% des cadres A en 2003 contre 5% à 6% en moyenne en moyenne départementale ou régionale; 8% de cadres B contre 11% en moyenne ». Et d’ajouter « la commune consciente de ce handicap, a décidé de privilégier les recrutements et la formation des catégories A ».

Spoil system asniérois

Où est la politique de promotion interne dans une collectivité aussi importante, dans une ville de plus de 82000 habitants, quand on se contente de faire passer des notes -avec les bulletins de paie des agents- pour leur demander… de postuler à leur propre poste???? Et tout cela pour retenir au final, d’autres candidats.

Voilà une curieuse façon de faire le ménage parmi le personnel municipal. Voilà la chasse aux sorcières que nous dénonçons depuis 2 ans.

La mairie bunkerise son encadrement, elle le politise. Non que parmi les nouveaux il n’y ait aucun bon professionnel, mais n’y avait-il aucun fonctionnaire compétent à promouvoir ou à former pour prendre des responsabilités dans la nouvelle équipe des cadres?

Les agents ne sont pas dupes. Le personnel de la filière animation est la victime de cette tentative de « nettoyage », après que les directeurs l’aient subi en 2009.

Ensuite, se pose la question du timing.

Que la municipalité ait décidé de faire des économies sur les dépenses de personnel, c’est son choix. On rappellera que:

- les impôts ont augmenté de près de 19% en 2009 et qu’en 2010, ces taux sont maintenus; donc le prélèvement fiscal est renouvelé; en mars 2008, il restait 18 millions d’euros dans les caisses de la mairies; ils sont où?

A la mairie d’Asnières, c’est travailler plus pour gagner moins

75% du personnel communal fait partie de la catégorie C; le statut de la fonction publique réglemente le niveau de rémunération des agents publics, selon leur grade; la catégorie c, c’est 1100 à 1200 euros net mensuels. Cela se passe de commentaire. La mairie a-t-elle besoin de retitrer les bons d’habillement aux agents qui émargent à 1200 euros net mensuels, parfois au bout de 20 ans de carrière? En période de crise, la politique salariale des socialiste c’est la baisse de rémunération.

Quant au temps de travail des agents communaux, il résulte d’un protocole RTT, signé entre la direction et les syndicats en 2001. Dès son arrivée en 2008, S. Pietrasanta n’a pas caché son volonté de revoir ce protocole. Si le protocole était illégal, il l’aurait dénoncé devant les tribunaux. Comme ce n’est pas le cas, il passe en force.

Quant au régime indemnitaire, il prend une importance particulière au regard de la faible rémunération de l’essentiel du personnel communal rattaché à la catégorie C. Le régime indemnitaire permet d’arrondir les fins de mois des agents; c’est un élément de la rémunération sur lequel ils comptent.

Au lieu de recruter, comme il l’a fait, une kyrielle de DGA, directeurs et autres chargés de mission (au tourisme!!! notamment) depuis 2 ans, S. Pietrasanta, en bon socialiste, aurait dû mettre en place une vraie politique sociale pour le personnel communal (politique de rémunération, prestations sociales, amélioration de la mutuelle) au lieu de vouloir supprimer tout cela, et en finir avec le Comité des Oeuvres Sociales des agents. Il veut peut être récupérer la subvention annuelle au COS pour payer les nouveaux directeurs qu’ils a embauchés?

« Du jamais vu à la mairie d’Asnières »

Mercredi matin, plus de 600 agents, soit la moitié du personnel titulaire, manifestaient leur mécontentement sur la parvis de la mairie. Du jamais vu, d’après tous les agents, dont certains sont employés communaux depuis 20 ans!

Voilà le maire socialiste rattrappé par l’iniquité de sa politique sociale et salariale. Au final, la municipalité a cédé sur les revendications mineures (bons d’habillement) mais elle est restée sourde sur la question du régime indemitaire.

Une clause inique de la revoyure

Pour le régime indemnitaire, c’est la clause de la revoyure. Les agents peuvent continuer de tirer le diable par la queue, ils n’accéderont au régime indemnitaire au niveau 4 qu’en… 2012. D’ici là…

Pendant ce temps, les élus se sont votés des indemnités en hausse au conseil municipal sur le vote depuis 2008, alors que pendant leur campagne électorale ils avaient promis une baisse des indemnités de 10%. Le maire s’est pris le taux maximum de ce qui était possible.

Apparemment, il y a des ceintures qui serrent plus que d’autres.

  1. MHBP dit :

    Que les agents municipaux en poste depuis des années et notamment les catégories B et C ne lâchent pas d’un pouce envers la municipalité actuelle !

    Les petits copains « cadres » socialistes recrutés depuis 2 ans par la mairie à grands frais (pseudo sélection par des cabinets de recrutement pour une partie d’entre eux et on sait ce que cela coûte les prestations de tels cabinets) n’ont qu’à accepter des diminutions de salaire ! Un point de chute, c’est déjà pas mal, non ?

    Les socialistes « recueillis » depuis 2 ans à l’Hôtel de Ville par S. Pietrasanta ne sont que de passage… alors que la qualité des services aux asniérois est primordiale et doit être pérenne d’autant que ce sont les asniérois qui financent par des impôts locaux exorbitants !

    Décidément le maire n’a toujours pas compris que la mairie n’est pas la sienne, les finances locales non plus !

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