Insécurité au quotidien: le commerce de proximité asniérois sur la sellette

 La liberté du commerce et de l’industrie vit de bien mauvais jours à Asnières, non en raison de blocages administratifs ou de contraintes réglementaires nouvelles qui seraient venues contrarier l’exercice de cette liberté conscacrée en 1791.

L’activité commerçante à Asnières est menacée par un autre péril : la liberté de travailler de ces agents économiques essentiels pour la vie de quartier et le dévelopement d’une commune, la liberté d’aller et venir de leurs clients, la sureté de tout un chacun…

Entre Noël et jour de l’An, en plein midi, la nouvelle de la 4ème attaque de bijouterie en moins de 18 mois a fait le tour de la ville (et au-delà) en un temps record : le commerçant installé sur une artère très passante du centre ville venait de se faire dévaliser ses vitrines, sous la menace de braqueurs armés et cagoulés.

Les malfaiteurs s’étaient attachés la complicité d’un tiers qui s’était fait passer pour un client afin de se faire ouvrir la porte contrôlée par un système de sécurité perfectionné. Malgré un scénario bien huilé (un vrai-faux client se fait tabasser par ses complices pour pénétrer dans l’enceinte du magasin et tromper la vigilance du gérant), c’est grâce au courage et au sang froid de ce dernier que les agresseurs se sont enfuis, sans oublier leur butin. L’un des malfaiteurs devait être blessé par le tir au pistolet automatique du commerçant, en situation de défense. On n’ose pas imaginer ce qui ce serait passé si ce tir avait occasionné une riposte….

Etre commerçant à Asnières devient vraiment très périlleux. Car s’il faut se réjouir que les malfaiteurs aient été appréhendés par la police, un peu plus loin, dans le parc Robinson, l’histoire aurait pu tourner autrement.

Ce qui pose problème, ce n’est pas l’occurrence d’un braquage qui -malheureusement- a une probabilité statistique de se produire, mais la fréquence de ce type d’agressions à Asnières depuis quelques années. Ce qui est inadmissible, c’est d’imaginer que l’agression vous attend au coin de la rue, quand vous allez acheter votre baguette, votre quotidien, si vous décidez de retirer de l’argent d’un DAB ou si vous poussez la porte d’une boutique.

Il y a moins d’un an, l’unique bijouterie des quatre routes avait fait l’objet d’un braquage retentissant en plein après midi, par 3 individus armés lourdement qui avaient percuté la vitrine au moyen de leur grosse cylindrée. Un autre établissement, plus central, situé à deux pas de l’Hôtel de ville, avait fait l’objet de deux braquages en moins de 18 mois.

Il y a quelques semaines, début décembre, c’était au tour d’un marchand de journaux dans le quartier de la comète, précédé de peu d’une tentative de braquage (la 2ème en 2 ans) d’une résidence hôtelière dans le quartier situé à l’extrême sud-est de la commune. Après d’autres commerces du quartier….

Pendant que le maire d’Asnières communique sur des chiffres de la délinquance qui semblent lui convenir, une inquiétude légitime qui confin parfois à la panique s’empare de nombreux commerçants qui réfléchissent aux moyens de mieux se protéger de l’insécurité qui éclate au grand jour. Investissement dans des portes automatisées, dans des systèmes de video protection sophistiqués, appui attentif de nos amis canins, vigiles, pétitions se développent. Tous ceux qui ont connu Asnières il y a encore 5 ou 6 ans savent bien que tout cet arsenal n’était pas de mise chez les commerçants de la ville.

Dans l’opposition au maire d’Asnières, nous regrettons depuis mars 2008 le désinvestissement méthodique de l’équipe municipale sur la question de l’ordre public et la sécurité : programme d’investissement annuel en video protection réduit de 50% dès 2008 et stoppé en 2009, caméras de video protection obsolètes, non remplacées ou insuffisamment entretenues, police municipale en sous effectif, centre de supervision urbaine de la video protection en sous utilisation…

Malgré le volontarisme de l’Etat pour la sécurité, avec de nouvelles lois mettant le maire au coeur du dispositif de sécurisation sur le territoire de sa commune, avec de nouveaux moyens financiers (crédits pour l’équipement en vide protection), ou humains (renforts de CRS et d’une équipe mobile en janvier dernier), malgré le professionnalisme et le dévouement des policiers nationaux et municipaux, la démission de la mairie produit ses effets obstinément.

La récente apparition de divers comptoirs faisant marché de l’or et d’autres métaux précieux en plusieurs points de la commune ravive la crainte de la banalisation d’agressions pour des motifs crapuleux.

Les signaux donnés aux délinquants, perçus comme la manifestation du laxisme de l’équipe municipale en place, sont interprétés 5 sur 5. Des faits gravissimes, comme l’attaque d’une agence bancaire avec ceinture d’explosifs l’été dernier par une bande venue de Saint Ouen, contribuent à ternir la réputation d’une banlieue qui apparaît de plus en plus souvent citée sous la rubrique des faits divers des journaux.

 Jusqu’où cela ira?

Il n’y a pas de fatalité à l’insécurité. des solutions existent. Elles étaient mise en application avant mars 2008, quand les élus en place pensaient que la sécurité était une priorité non négociable de l’action publique.

 

 

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