
Dans sa séance plénière du 17 octobre, le Conseil régional d'Ile-de-France a
examiné un rapport important consacré à l'illetrisme, sur lequel j'ai été nommée Rapporteur pour le groupe UMP (voir la video et le texte integral de mon intervention sur
www.mariedominique.aeschlimann.fr ).
Pour ce sujet d'une grande gravité, un quasi consensus régnait sur tous les bancs de l'assemblée.
Car le diagnostic de l'illetrisme dans notre région est alarmant.
Il faut savoir qu'aujourd'hui, 8% des franciliens ayant été scolarisés en France sont concernés, soit plus de 460000 personnes.
Entre 2005 et 2006, l'illetrisme chez les jeunes a fait un bond de 0,6 point, passant de 3,9 à 4,5%.
La région a donc décidé de s'engager dans un Plan régional sur 3 ans (2008-2011).
Ce plan n'intervient pas trop tard, puisque nous sommes plus de 10 ans après la loi du 29 juillet 1998 relative à la lutte contre les exclusions qui faisait de la lutte contre
l'illetrisme une priorité nationale.
Sur le fond, il faut se réjouir de cette prise de conscience et de la rationalisation opérée par ce plan, avec un pilotage et une coordination des moyens dédiés, autour du Préfet de Région et d'une Mission Régionale de Lutte contre l'Illetrisme.
Sur la forme, l'économie générale du Plan est extrêment compliquée, sans doute très amitieuse, mais en tout état de cause, difficile d'accès pour un profane.
De l'avis de plusieurs acteurs et professionnels de l'insertion et de la formation, le maquis des mesures existantes ne facilite pas toujours le travail...
Pourquoi?
Parce que les differents financeurs et opérateurs (Etat, régions, départements, OPCA, branches, partenaires sociaux..) ne travaillent pas suffisamment en coordination. Chacun a son calendrier,
son programme, ses procédures, son originalité...
Si l'illetrisme est un frein à la primo insertion, c'est aussi un obstacle à la construction d'un parcours d'insertion.
C'est un facteur aggravant de l'exclusion, en compliquant une évolution ou une reconversion professionnelle.
Autrement dit, et bien qu'il ne soit pas une tare, l'illetrisme est une menace permanente.
C'est pourquoi son repérage est une étape essentielle.
A cet effet, il faut systématiser la formation des agents d'accueil,
ceux-ci étant en situation de détecter les signes de l'illetrisme, à l'occasion de toute démarche administrative, fût-elle banale. Exemple: une inscription à la cantine, une demande
d'allocation, un changement d'adresse, etc..
L'illetrisme concerne aussi des individus en situation d'emploi. Il faut encourager une politique de prévention plus systématique au sein des
entreprises. En effet, l'illetrisme peut s'y révéler à la faveur d'une mutation technologique, de la modernisation des conditions de travail, d'un
licenciement.
La lutte contre l'illetrisme commence à l'école.
C'est à l'école qu'il revient d'apprendre à lire, écrire, compter. L'Etat s'est engagé, avec les Réseaux Ambition réussite, l'aide personnalisée, les stages de remise à niveau, le
recentrage des programmes sur les enseignements fondamentaux, le volet éducatif du Plan Espoir Banlieue, ...
Mais l'école ne peut régler à elle seule ce problème, dont la dimension sociale la dépasse, car rien n'empêche le basculement dans l'illetrisme, quand la
familiarisation avec l'écrit n'est pas suffisante.
C'est pourquoi une mobilisation nationale est indispensable, car l'illetrisme, par-delà ses conséquences sur l'autonomie quotidienne, est un réel obstacle à l'exercice de la citoyenneté pour tout un chacun.
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