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Dimanche 9 novembre 2008

Travailler moins...pour... travailler moins....
La gauche vient de resservir  un de ses vieux diktats démagogiques et sclérosés, donnant l'impression, dans un laps de temps, qu'elle retrouvait un semblant d'intérêt pour la vraie vie des Français.

C'est vrai qu'engluée au cou dans les querelles préparatoires au prochain Congrès de Reims, la Gauche était redevenue parfaitement inaudible.

Elle vient de tenter laborieusement un come back...

En effet, la récente discussion du projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) pour 2009 à l'Assemblée nationale a été l'occasion d'une passe d'armes surprenante entre les Députés UMP et l'opposition de gauche figée  dans un conservatisme d'arrière garde et toujours aussi déconnectée des attentes de nos concitoyens.

De quoi s'agit-il?
D'un amendement présenté par un député UMP, en marge du PLFSS, offrant la possibilité aux salariés de prolonger leur activité professionnelle au-delà de 65 ans, dans la limite de 5 années
Autrement dit, il serait possible de travailler jusqu'à 70 ans, si on le souhaite...
Concrètement,  l'employeur devrait solliciter par écrit le salarié, chaque année, pour savoir s'il veut ou non, sur la base du volontariat donc, poursuivre son activité.
C'est la fin de la possibilité de la mise à la retraite d'office du salarié par l'employeur.
C'est donc un droit de plus pour les salariés seniors, et c'est un effort de compréhension demandé aux employeurs.

La gauche s'y est opposée. Elle a caricaturé de façon grossière la mesure proposée.
Classique.
Pas si classique que ça, car supprimer la mise à la retraite d'office du salarié par l'employeur, c'est tout sauf libéral.
En la matière, on le voit, le Gouvernement protège et conforte les droits des salariés seniors, tandis que la gauche se met en scène et prend des postures.

Aujourd'hui, l'âge de la retraite est fixé à 65 ans.
Et 65 ans resterait l'âge légal du départ à la retraite, que l'on ait ou pas acquis le nombre de trimestres de cotisation requis.

La suppresion de la mise à la retraite d'office des salariés de 65 ans rend possible le maintien en poste des salariés qui le souhaitent jusqu'à 70 ans.
C'est une possibilité offerte. En aucun cas une obligation.
Cela permettrait à certains futurs pensionnaires qui ne sont pas ne mesure de liquider leur pension à taux plein, de bénéficier de la surcote majorée de retraite en prolongeant ainsi leur activité.

Par ailleurs, et toujours sur le fond, l'espérance de vie à la naissance augmente régulièrement, et c'est une bonne chose.
En 50 ans, nous avons gagné 12 ans :l'espérance de vie s'élève aujourd'hui à 84,5 ans pour les femmes et 77,6 ans pour les hommes.
Nous vivons plus longtemps. Grâce aux progrès des sciences et des techniques, nous vivons en meilleure santé globalement.
Les autres pays occidentaux ont intégré cette nouvelle donnée dans leur approche du partage entre le temps de la vie active et le temps de la retraite, en appliquant une règle dite du "deux tiers/un tiers".
En Suède, un pays réputé pour son progressisme en matière sociale, 70% des personnes de plus de 55 ans travaillent. Au japon, ils sont 60%. En Finlande, 55%. En Allemagne, ce taux atteint 51%..
En France, nous serions "royalement"  à ... 38%.

Que l'on se comprenne bien: ce n'est ni une course, ni une compétition.
Mais notre système économique et l'équilibre de nos comptes sociaux ne pourront résister durablement à une inversion du rapport travailleurs/retraités.
L'équilibre des relations sociales aussi implique que salariés qui souhaitent réellement travailler plus puissent le faire.
Nous connaissons tous des parents qui souhaitent aider davantage financièrement des enfants ou des petits enfants qui s'apprêtent à s'installer ou faire des investissements professionnels. Des parents/grands parents, sexagenaires, en forme, et désireux de croquer dans la vie à pleines dents.
Nous connaissons tous des sexagénaires soixantenaires qui estiment qu'à leur âge, ils peuvent encore apporter quelque chose à la société, et qu'ils ne sont pas finis.
Nous connaissons tous des personnes de plus de soixante cinq ans qui ont envie de s'investir dans une passion, dans la seconde partie de leur vie, après avoir travaillé pour faire vivre leur famille pendant une vie professionnelle bien remplie.
Et on leur dirait qu'après 65 ans, c'est foutu, plus rien à inventer, rien à créer, qu'ils n'ont plus qu'à se contenter de percevoir leur retraite et laisser venir...

C'est inacceptable.
Ça l'est d'autant plus que pour certains sexagénaires, il ne s'agit pas d'une envie, d'un souhait, mais d'une nécessité.
Pour certains de nos concitoyens de cet âge, rechercher un complément de rémunération par une activité salariée, c'est une nécessité. Eh bien quoi, on les en priverait, par principe, au nom de je ne sais quel dogmatisme, parce qu'on considère qu'au delà d'une limite, c'est "circulez, il n'y a rien à voir"?

Je ne me résous décidément pas à accepter une aussi courte vue.
La question du cumul emploi-retraite est une vraie question. elle mérite que l'on ne se cantonne pas à des considérations d'un autre temps pour l'appréhender.
On ne vit plus aujourd'hui comme on le faisait en 1936, en 1945 ou bien comme il y a quarante ans, en 1968.
Cela ne veut pas dire qu'il ne faut pas préserver les acquis sociaux.
C'est même le contraire. Il faut même les consolider et protéger toujours plus les salariés de la brutalité de la compétition économique.

Mais prenons garde à ne pas précariser encore davantage nos concitoyens en tentant de les enserrer dans des carcans réglementaires obsolètes ou dont ils veulent eux-mêmes s'affranchir.

Et que l'on ne me dise pas que la suppression de la mise à la retraite d'office nuit à l'entrée sur le marché du travail des jeunes, en offrant la possibilité aux salariés plus exérimentés de se maintenir en poste un peu plus...
Ceux qui avancent des arguments aussi malhonnêtes desservent en réalité la cause de l'emploi des seniors dont le positionnement sur le marché du travail est en tous points différent de celui des jeunes travailleurs.

La semaine dernière, on a pu entendre tous les ténors de la gauche, unanimes à décrier cette faculté nouvelle donnée aux salariés seniors.
Eh bien quoi?
Est ce que cela en étonne encore un, parmi vous?

La vérité, c'est que, une fois encore, la gauche prend des postures, le Gouvernement de François FILLON, sous l'impulsion du Président de la République, Nicolas SARKOZY, prend les vraies décisions pour remettre notre pays sur le chemin de la modernité et de la prospérité partagée.










Par Marie-Dominique Aeschlimann - Publié dans : Actualité
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