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Mardi 11 novembre 2008
  

 

 Alors que le dernier Poilu, Lazare PONTICELLI s'en est allé, nous avons commémoré ce matin, à Asnières, comme dans toutes les communes de France,  le quatre-vingt-dixième anniversaire de la signature de l'Armistice de Rethondes, le 11 novembre 1918, mettant ainsi fin à la Grande Guerre qui déchira l'Europe puis le Monde entre 1914 et 1918.

Le désastre  du  premier  conflit mondial,  c'est  : 1 561 jours de combat, plus de 10 millions de morts, parmi les 70 millions d'hommes qui ont porté l'uniforme, 8 millions de mobilisés en France, 1,4 millions de Français tués, 11 millions de mobilisés en Allemagne, près de 20 millions de blessés, 15 000 "gueules cassées" en France,  des familles déchirées, des jeunes hommes raptés dans la force de l'âge, des millions de veuves et d'orphelins, des drames humains s'ajoutant aux destructions en grand nombre.
                                                             

       

Avec ce conflit, les hommes au front inaugurent la guerre des tranchées.
Après la guerre de mouvement pendant l'année 1914, le front se stabilise et les hommes creusent des tranchées où ils vivent entre deux offensives.
Tout y est organisé comme peut être organisée une vie dans les tranchées en temps de guerre, à travers un réseau sophistiqué de boyaux, d'abris, d'infirmeries.

Dans leur correspondance, les combattants évoquent souvent l'extrême dureté des conditions de vie, les rats, les poux, le froid, la saleté.

Dans l'enfer des tranchées, la vie et l'espoir côtoient la mort.

Pendant ce temps, la vie s'organise comme elle peut dans les foyers.
 Les femmes reprennent les usines en main. Beaucoup d'entre elles deviennent chefs d'entreprise, exploitantes agricoles, ouvrières dans les usines d'armement, où les "munitionnettes" fabriquent à la chaîne les obus, les munitions et les grenades.
Il faut produire pour ravitailler les combattants au front. Les civils connaissent l'effroi des bombardements, la pénurie, le rationnement.

Le courrier est le lien entre les combattants et leur famille.

Dès la mobilisation, la censure est mise en place et les courriers se rédigent dans les patois et les codes se multiplient pour échapper au contrôle. Les écrits antipatriotiques et pacifistes sont traqués et censurés. C'est à ce moment que naît Le Canard Enchaîné, en 1915, pour réagir à la censure de la presse.

Il ne faut plus faire la guerre, c'est un fléau".

C'est en ces termes que Lazare PONTICELLI, le dernier poilu qui s'est éteint le 12 mars dernier, à 110 ans, condamnait la guerre. 
La Grande Guerre, il ne se trouve plus de poilus pour en parler. Mais la guerre reste la guerre, avec son cortège d'horreurs, de pertes, et de gâchis.

Les commémorations sont un temps pour se souvenir ensemble.
Autour des Monuments aux Morts, la communauté nationale se retrouve.
Ces lieux de Mémoire restent des symboles du dévouement de ceux qui sont morts pour la Patrie et de l'hommage que leur rend la Nation reconnaissante.

   

La disparition progressive et naturelle de tous les acteurs
puis des témoins de cette guerre pose immanquablement
la question de la transmission de la Mémoire
nationale, notamment auprès des jeunes générations.

Le rituel des commémorations ne suffit pas, semble-t-il,
à éveiller l'intérêt de nos plus jeunes concitoyens. Le récit
de cette Histoire, bien que réalisé avec beaucoup
d'application et de savoir-faire par les enseignants, ne
peut pas suffire à lui seul. Il doit être accompagné d'un
temps de rencontre avec les témoins vivants de la
guerre,quellequ'ellesoit.       
                                                    

Jean-Claude Bouttifard, Manuel Aeschlimann et Lohengrîn Aeschlimann

 


Les conclusions du rapport  de la commission chargée de réfléchir à l'avenir des commémorations et des célébrations publiques, présidée par l'universitaire André KASPI, seront rendues demain, dans le contexte houleux d'une polémique naissante sur les premières  recommandations de cette commission.

Par delà les arguments sur la multiplication des célébrations, sur la concurrence acharnée entre les Mémoires, sur la balkanisation de la Mémoire nationale, le moment est venu de donner aux célébrations du Souvenir l'envergure et l'ambition qui nous permette à la fois de reconnaître le Passé tout en veillant à construire l'Avenir, dans un dialogue et un échange qui anime et réunisse l'ensemble de la communauté nationale autour d'un destin commun.






Par Marie-Dominique Aeschlimann - Publié dans : Actualité
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