
Les mahorais ont dit oui dimanche pour que Mayotte devienne le 101ème département français, le 5ème département français d'outre mer.
Et quel OUI! Un plébiscite : plus de 95,2% de la population mahoraise s'est exprimée favorablement à cette évolution institutionnelle. Tous les partis politiques ont soutenu le OUI.
C'était une des promesses de campagne de Nicolas SARKOZY. Une de plus à être tenue.
Plus qu'un simple changement institutionnel, cette évolution induira des conséquences non négligeables dans le quotidien des mahorais.
Ce changement est synonyme de développement et de mieux être pour la population locale.
A partir de 2012, de nouvelles aides sociales seront attribuées aux mahorais : l'ASS, l'API (Allocation parent Isolé), le RMI, l'ALS (Allocation de Logement Social). Certaines
allocations qui existent déjà seront revalorisées (ex:l'allocation aux adultes handicapés).
Bien sûr, le niveau de ces aides sera sans commune mesure avec celui des allocations versées en métropole. Aujourd'hui, les entreprises et les exploitations agricoles mahoraises sont quasiment
exemptes de charges sociales.
La convergence avec le système d'imposition métropolitain se fera progressivement.
Le niveau des allocations suivra celui des prélèvements, avec une convergence parfaite prévue au bout de... 20 ans!!
Bien sûr, Mayotte attend beaucoup de ce nouveau statut. Le revenu moyen par habitant avoisine les 65% du SMIC, près du quart de la population se trouve au chômage.
Par delà les questions matérielles, dans ce pays à très grande majorité musulmane, le statut de la femme sera calqué sur celui de l'homme, la polygamie sera interdite...
Autant dire que ce seront des changements majeurs pour l'ensemble de la société mahoraise.
Mais d'autres défis se profilent déjà :
- Mayotte risque d'apparaître encore plus que jamais comme un eldorado pour les comoriens qui quittent nombreux l'archipel des Comores dont Mayotte s'était séparée dès le XIXème siècle
(1841). Cela posera immanquablement des problèmes de gestion des flux migratoires, un vrai défi s'agissant d'une île donc un territoire par définition bordé d'eau...S'il faut rester vigilant, ne
serait ce que pour un impératif d'équilibre des comptes sociaux et de cohésion sociale, il faut prendre garde à ne pas se laisser emporter par les grossières caricatures.
- l'économie mahoraise devra s'adapter à ces mutations, et le système judiciaire sera fondé sur le statut personnel des mahorais garanti par la Constitution.
- il y aura imanquablement des heurts entre l'identité et la culture mahoraises d'une part, le droit commun applicable aux départements français d'autre part...Il faut souhaiter qu'ils soient
gérés avec intelligence et discernement, mais aussi en responsabilité.
- l'équilibre social existant devra s'adapter à des nouvelles formes d'organisatio dont on ne sait pas bien à l'avance comment leur "greffe" sera tolérée par les structures et les coutumes
locales.
Quoi qu'il en soit, à quatre reprises par le passé, en 1958, en 1974, en 1976, en 2000, Mayotte avait renouvelé son appartenance à la France et le processus de départementalisation était très
attendu par la population.
De nouveaux défis attendent ce nouveau DOM à qui il appartiendra de construire son avenir dans la République.
Derniers Commentaires