Solidarités

L’épicerie solidaire d’Asnières desservira désormais Gennevilliers

Posté dans Actualité, Solidarités le Lundi 13 décembre 2010 par Marie-Do – 2 Commentaires

« C’est déjà l’intercommunalité » s’est réjoui le maire de Gennevilliers, vendredi dernier, lors de la signature de la convention de mise à disposition de l’épicerie solidaire d’Asnières (4, Louis Armand à Asnières) aux habitants démunis de Gennevilliers.

Pour son premier anniversaire, l’épicerie solidaire d’Asnières s’ouvre à Gennevilliers.

Signe des temps à venir, Asnières fait de plus en plus ouvertement « pot commun » avec Gennevilliers.

En effet, c’est ensemble que les deux maires ont réclamé à l’Etat des moyens supplémentaires pour faire face à une évolution identique de  la délinquance de leurs deux communes. Les rixes entre bandes des quartiers  »chauds » de  Gennevilliers (Le Luth), Asnières et Colombes (Les Fossés Jean) sont le quotidien des riverains de l’avenue de la redoute.

 C’est aussi ensemble qu’ils veulent faire l’intercommunalité, avec Clichy-la-Garenne, Colombes et peut être Saint-Ouen.

Tout cela s’organise sous l’oeil bienveillant et complice de la première adjointe, Josiane Fischer, qui aura fort à faire pour rétablir un équilibre dans l’alliance.

Visiblement, dans cet équipage politiquement uniforme, Gennevilliers tire son épingle plutôt bien du jeu, puisqu’elle a réussi à ravir le très courtisé groupe de presse, Prisma Presse, qui avait préféré gennevilliers à notre commune, il y a un an.

Gennevilliers gagnant

Le maire de Gennevilliers peut se réjouir d’avoir Asnières comme voisine.

Il y a quelques mois, la mairie d’Asnières avait voté une subvention d’investissment de 23.000 euros pour financer des travaux d’équipement à la Maison de la Solidarité qui accueille les populations démunies de Gennevilliers. Maintenant, ses habitants ont aussi accès à l’épicerie solidaire d’Asnières.

L’intercommunalité a du bon…

Une épicerie solidaire, pour quoi faire?

 Il est trop tôt pour savoir qui d’Asnières ou de Gennevilliers bénéficiera ou pâtira de l’alliance en devenir.

L’épicerie solidaire, elle,  trouvera un public, malheureusement. Parce qu’elle est une supérette d’un genre particulier -elle n’a pas vocation à faire de marge sur les produits qu’elle propose à la vente-, elle s’adresse  à un public nombreux qui ne pourrait pas se payer certains produits d’alimentation et de soin, au prix du marché.

En cela, elle évite la marginalisation, l’aggravation des déséquilibres de santé, d’alimentation et d’hygiène de vie qui découlent souvent de la précarité.

L’épicerie solidaire est une main tendue pour un public particulièrement fragilisé, pour des raisons économiques et professionnelles (chômage, fin de droits,etc) ou personnelles (séparation, rupture familiale, isolement).  La mairie est parfaitement dans son rôle quand elle met en place une épicerie solidaire.
Mais la philosophie dans la quelle cette aide se met en place est essentielle:

- S’agit-il de tendre la main pour aider le bénéficiaire à reprendre les rênes de sa vie, ou bien de donner acte d’une situation en se donnant bonne conscience? Je choisis la première solution.

L’aide alimentaire, c’est bien. Un emploi, c’est toujours mieux

Pour regagner son autonomie par le travail, il faut être en situation de retrouver un emploi. Là, la mairie a un vrai rôle a jouer, et sur ce point, la mairie d’Asnières est défaillante :

- Elle est défaillante, parce qu’en pleine crise économique, elle a maintenu à l’identique les crédits pour l’insertion des demandeurs d’emploi les plus fragilisés ( sans qualification, chômeurs de longue durée, demandeurs d’emplois seniors), alors que les impôts augmentaient dans le même temps de 20% en 2009, une hausse maintenue en 2010. En effet, les subventions 2010 pour le PLIE (Plan Local pour l’Inserttion par l’Economie) et pour la Mission Locale (public des jeunes de 18-25 ans) n’ont pas changé d’un iota.

- Elle est défaillante parce qu’elle a volontairement abandonné le suivi des demandeurs d’emplois allocataires du RMI, depuis le 3ème trimestre 2010. Désormais, ce sont les services de la CVS (Circonscription de la Vie Sociale) départementale qui assurent cette mission.

- Elle est défaillante parce qu’elle a annoncé, à grand renfort d’article de presse, qu’elle avait mis en place une cellule de veille contre la crise, pour préserver l’emploi dans la commune. Tout le monde sait que c’est une mascarade. Rien n’a été fait pour amortir la crise, ni pour les ménages, ni pour les commerçants ou chefs d’entreprise, ni pour les contribuables (surtout!).

Selon la mairie, l’épicerie solidaire d’Asnières serait fréquentée par plus de 300 familles. Située « au bout du monde de la commune » (3 km du centre ville, 5 à 6 km de l’extrémité du quartier de bécon ou des hauts d’Asnières), mal desservie par les transports en commun, elle ne semble ni très accessible, ni très débordée.

En une journée de permanence, il n’est pas rare d’y compter une vingtaine de clients. C’est peu. dans le même temps, le magasin de hard discount (LIDL) sur l’avenue des Grésillons ne désemplit pas de la journée, alors qu’il n’est pas meilleur marché…..

La mairie a t-elle bien apprécié le site pour y installer l’épicerie solidaire?

Une chose est sûre, l’épicerie n’est pas loin de Gennevilliers…